Monsieur le Maharadja,
Je vous fais une lettre
Un peu épicée, peut être
Comme du poulet tikka
J'ai atterri ici
Sans savoir vraiment
Si moi, petit enfant
Apprécierais Delhi
J'ai déserté Paris
J'ai quitté la France
Dit au revoir à l'enfance
Qu'était ma vie
Je l'ai empaquettée
Dans des cartons jaunis
Entassé mes amis
Dans ma mémoire saturée
Je leur ai dit au revoir
Non sans aucun regret
Ai promis avec espoir
Que je reviendrais
J'ai dit à plus tard
A mon cousin, ce grand ami
Lui ai dit que mon départ
N'était pas infini
J'ai survolé la France
Mon passé, mon futur
J'ai regretté l'absence
De chacune de leur présence
Je vis maintenant
Loin de tout, loin de tous
A attendre ce moment
Que chaque jour repousse
Mais votre grand pays
Me plait tout de même
Même si ma vie
N'est plus du tout la même
Les défauts, vous savez
Du pays que vous habitez
Sont, vous vous en doutez
Longs à énumérer
Les gens vous y regardent
D'un air de découverte
Et semblent à chaque instant
Vouloir donner l'alerte
Les lampes s'y éteignent
Assez fréquemment
Et les pluies diluviennes
Tombent de temps en temps
Les autoroutes
Y sont souvent bondées
D'automobiles diverses
De retardés énvervés
Mais les qualités, je n'en doutes pas
Y sont sûrement nombreuses
Je ne les connais pas
Mais cela viendra
Monsieur le Maharadja,
J'ai écrit cette lettre
Dans un moment d'émoi
Pour tout ce que je regrette.
Ne vous en faites pas, tout va bien.
tes blagues pourries me manquent sale idiot que j'aime.
RépondreSupprimerInquiétude mais c'est beau.
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